Explication

Parcours type

La carte mentale du chemin complet : actif → données → méthodes → pondération → rapport.

Cette page est une carte. Elle montre le chemin complet d'une valorisation, du premier écran au rapport, pour que vous sachiez où vous êtes quand vous plongerez dans le détail de chaque étape.

Elle n'apprend pas à cliquer : chaque étape a sa propre page.


Le chemin en un schéma

   ① ACTIF
   Qu'est-ce qu'on valorise ?
   Entreprise · Logiciel · Marque · Brevet
        │
        ▼
   ② DONNÉES
   Avec quels chiffres ?
   Historique financier · Questionnaire extra-financier · Pièces
        │
        ▼
   ③ MÉTHODES
   Par quels raisonnements ?
   2 ou 3 méthodes, issues d'approches différentes
        │
        ▼
   ④ RÉSULTATS
   Qu'obtient-on ?
   Une valeur par méthode · Les étapes détaillées · La sensibilité
        │
        ▼
   ⑤ PONDÉRATION
   Que retient-on ?
   Un poids par méthode → une valeur retenue
        │
        ▼
   ⑥ RAPPORT
   Que présente-t-on ?
   Le document destiné au tiers

Six étapes. Les deux dernières n'existent que dans une démarche — la mission encadrée. Le chemin direct, depuis la fiche d'un actif, s'arrête à l'étape ④.


① L'actif

La question : qu'est-ce qu'on valorise, exactement ?

Vous créez un actif en choisissant son type parmi quatre : Entreprise, Logiciel, Marque, Brevet. Puis vous renseignez son identité — le nom, et pour une entreprise le secteur d'activité.

Ce qui se décide ici et qui vaudra pour tout le reste :

  • le type détermine les méthodes qui vous seront proposées ;
  • le secteur détermine les multiples de marché et le coût du capital proposés par défaut ;
  • la devise détermine l'unité de tous les montants — sans conversion.

La création d'un actif ne collecte que son identité. Le chiffre d'affaires, l'EBE, la dette n'apparaissent pas à ce stade. C'est voulu : un actif existe indépendamment des chiffres d'un exercice donné, et il sera valorisé plusieurs fois, à plusieurs dates.

Les quatre types d'actifs


② Les données

La question : avec quels chiffres calcule-t-on ?

Trois matières distinctes, qui n'ont pas le même rôle.

Les données financières. L'historique par exercice — chiffre d'affaires, excédent brut d'exploitation — et, selon les méthodes, un prévisionnel, une dette financière, une trésorerie.

Excédent brut d'exploitation (EBE) : ce que l'activité dégage avant amortissements, provisions, intérêts et impôts.

Le questionnaire extra-financier. Une série de questions qualitatives sur la solidité de l'actif. Il existe pour Marque, Brevet et Logiciel — pas pour Entreprise.

Son effet est précis, et souvent mal compris : il pilote le taux d'actualisation des méthodes qui actualisent des flux. Il ne multiplie pas la valeur. → Le questionnaire extra-financier

Les pièces justificatives. Liasses, factures, contrats, certificats de dépôt. Elles ne servent à aucun calcul — et c'est exactement le point : elles servent à prouver ce qui a été saisi. Sans elles, une évaluation reste une déclaration.

Une donnée manquante ne bloque pas toujours. Beaucoup de champs sont facultatifs, et une méthode peut fonctionner avec le minimum. Mais la robustesse du résultat suit la qualité des entrées : un seul exercice renseigné donne un point, plusieurs exercices donnent une tendance.


③ Les méthodes

La question : par quels raisonnements répond-on ?

Mukeï propose quinze méthodes, réparties entre les quatre types d'actifs et rangées en trois approches.

Approche La question posée
Effort Combien a-t-il fallu dépenser pour l'avoir ?
Marché Combien paie-t-on pour un actif comparable ?
Potentiel Combien va-t-il rapporter ?

La règle générale : croisez au moins deux approches différentes. Deux méthodes de la même famille partagent les mêmes angles morts et ne se corroborent pas.

Chaque méthode demande ses paramètres. Les valeurs par défaut proviennent de référentiels externes datés — Damodaran pour les multiples et le coût du capital, INSEE pour l'indice des prix, Banque de France et BCE pour les taux. Toutes restent modifiables, et la valeur retenue est tracée.

Catalogue des méthodes · Pourquoi plusieurs méthodes


④ Les résultats

La question : qu'obtient-on, et comment le lit-on ?

Chaque calcul produit quatre éléments, à regarder dans cet ordre.

Le montant. Le chiffre. Vérifiez d'abord de quoi il s'agit : valeur d'entreprise ou valeur des capitaux propres ? La confusion entre les deux est la plus fréquente du métier. → Valeur d'entreprise et capitaux propres

Le niveau de confiance. Élevé, moyen ou faible, selon la complétude et la cohérence des entrées. Une confiance faible n'invalide pas le résultat : elle vous dit de le manier avec précaution et de le croiser.

Les étapes de calcul. La partie la plus importante, et celle que tout le monde saute. Chaque étape porte son intitulé, sa formule et son résultat intermédiaire.

Deux raisons de les lire :

  1. Vous vérifiez que Mukeï a compris vos chiffres. Une dette saisie à 180 000 000 au lieu de 180 000 se repère en un coup d'œil dans les étapes, jamais dans le montant final — qui paraîtra plausible.
  2. C'est ce que regardera un tiers. Il ne vous demandera pas votre chiffre : il vous demandera comment vous y êtes arrivé.

L'analyse de sensibilité. La valeur est présentée en fourchette, pas en chiffre unique, avec la possibilité de faire varier le paramètre le plus déterminant et d'observer l'effet.

Chaque calcul enregistre en outre, sans que vous ayez rien à faire, la version du moteur qui l'a produit et l'horodatage exact. → Pourquoi une valorisation est opposable


⑤ La pondération

La question : que retient-on comme chiffre unique ?

À ce stade, vous avez deux ou trois valeurs différentes. C'est normal — les méthodes ne posent pas la même question.

Ce qu'il faut d'abord faire, c'est lire l'écart. Un écart faible confirme la fourchette. Un écart important n'est pas une erreur : il dit quelque chose sur l'actif, et ce quelque chose mérite d'être compris avant d'être moyenné.

Quand un chiffre unique est nécessaire — acte de cession, formulaire fiscal, valeur au bilan — on pondère : un poids par méthode, dont la somme fait 100 %, et la valeur retenue est leur moyenne pondérée.

La pondération n'est pas un arbitrage arithmétique : c'est un jugement à justifier. Un poids fort sur le DCF dit « je crois aux projections » ; un poids fort sur l'actif net dit l'inverse.

Gardez la fourchette visible même quand vous devez trancher. « 950 000 €, dans une fourchette de 620 000 à 1 450 000 € » est plus crédible que « 950 000 € » tout court. La fausse précision dessert.


⑥ Le rapport

La question : que présente-t-on au tiers ?

C'est le livrable : un document structuré qui expose le contexte, les méthodes retenues et pourquoi, les données utilisées et leurs sources, le détail des calculs, la pondération et son motif, et la recommandation.

Il ne se génère que dans une démarche — le chemin encadré.


Les deux chemins

Mukeï propose deux façons de parcourir ce chemin. Ce n'est pas un accident, c'est un choix.

Chemin direct Démarche
Point de départ La fiche d'un actif Une démarche créée pour l'occasion
Étapes parcourues ① à ④ ① à ⑥
Cadre Libre Cinq phases, avec des tâches
Pièces justificatives Facultatives Au cœur du dispositif
Produit un rapport Non Oui
Bon pour Comprendre, explorer, itérer Un livrable destiné à un tiers

Le chemin direct est celui du tutoriel d'introduction : plus rapide pour prendre le produit en main, et parfaitement suffisant pour un usage interne.

La démarche est le chemin le plus riche, et le seul qui produit un rapport. Elle se décline elle-même en deux formats — Estimation ou Évaluation — selon que vous cherchez un ordre de grandeur ou un dossier défendable. → Estimation ou évaluation

Les deux coexistent sur le même actif. Une valorisation lancée depuis la fiche et une valorisation menée dans une démarche s'appuient sur les mêmes moteurs de calcul : à entrées égales, elles donnent le même chiffre.


Combien de temps

Des ordres de grandeur, pour situer l'effort.

Étape Chemin direct Démarche d'évaluation
① Créer l'actif 2 minutes 2 minutes
② Réunir et saisir les données 10 minutes avec un exercice Plusieurs heures, souvent étalées
③ Choisir et paramétrer 5 minutes par méthode 30 minutes, discussion incluse
④ Lire les résultats immédiat immédiat
⑤ Pondérer 15 minutes, plus la justification
⑥ Rapport génération immédiate, relecture à part

Le temps est presque entièrement à l'étape ②. C'est la matière qui prend du temps, pas le calcul. Une évaluation sérieuse est d'abord un travail de collecte.


Où aller ensuite