Catalogue des méthodes de valorisation
Les 15 méthodes de valorisation : ce que chacune mesure, sur quel actif, et quand la choisir.
Mukeï met à disposition 15 méthodes de valorisation. Cette page les présente toutes : ce que chacune mesure, sur quel type d'actif elle s'applique, quelles données elle réclame, et dans quelle situation la choisir.
Elle sert de point d'entrée : chaque méthode a ensuite sa fiche détaillée.
Une méthode, c'est quoi ? Une façon de répondre à la question « combien vaut cet actif ». Il n'en existe pas de bonne dans l'absolu : chacune éclaire une facette de la valeur, et c'est en les croisant qu'on obtient un chiffre défendable. Une valorisation sérieuse en mobilise généralement deux ou trois.
Les trois approches
Toutes les méthodes se rangent dans l'une de trois familles. Mukeï les appelle Effort, Marché et Potentiel. Elles répondent à trois questions différentes — d'où le fait qu'elles ne donnent jamais le même chiffre.
| Approche | La question posée | Le raisonnement |
|---|---|---|
| Effort | Combien a-t-il fallu dépenser pour l'avoir ? | On reconstitue l'investissement consenti, revalorisé à la monnaie d'aujourd'hui. Plancher de valeur : personne ne cède rationnellement en dessous de ce qu'il a coûté à construire. |
| Marché | Combien paie-t-on pour un actif comparable ? | On observe des transactions réelles ou des multiples de sociétés cotées du même secteur, et on les applique à l'actif. Reflète ce que le marché consent réellement. |
| Potentiel | Combien va-t-il rapporter ? | On projette les revenus futurs de l'actif et on les ramène à leur valeur d'aujourd'hui. Approche tournée vers l'avenir, la plus sensible aux hypothèses. |
Un écart important entre une valeur Effort et une valeur Potentiel n'est pas une anomalie : c'est une information. Un logiciel qui a coûté 800 000 € à développer et qui ne rapportera que 200 000 € dit quelque chose de précis sur sa rentabilité.
Vocabulaire préalable
Ces termes reviennent dans la quasi-totalité des méthodes. Ils sont définis ici une fois pour toutes.
Actualisation. Ramener une somme future à sa valeur d'aujourd'hui. 100 € reçus dans cinq ans valent moins que 100 € reçus tout de suite : il faut attendre, et l'attente comporte un risque. On les « actualise » en les divisant par un taux, appliqué autant de fois qu'il y a d'années.
Taux d'actualisation. Le taux utilisé pour cette opération. Plus l'actif est risqué, plus le taux est élevé, plus la valeur obtenue est basse.
WACC (Weighted Average Cost of Capital, coût moyen pondéré du capital). Le taux d'actualisation le plus courant pour une entreprise. Il mélange ce que coûtent les fonds propres (ce qu'exigent les actionnaires) et ce que coûte la dette (les intérêts bancaires), pondérés par leur part respective dans le financement.
Multiple. Un coefficient observé sur le marché, qu'on applique à un agrégat de l'entreprise. Si les sociétés du secteur se vendent en moyenne 8 fois leur EBITDA, le multiple est de 8.
EBE (excédent brut d'exploitation) et EBITDA. Ce que l'activité dégage avant amortissements, provisions, intérêts et impôts. En pratique, la mesure la plus proche de la capacité de l'entreprise à générer de la trésorerie par son exploitation courante. EBITDA est le terme anglo-saxon, très proche de l'EBE.
ARR (Annual Recurring Revenue, revenu récurrent annuel). Pour un logiciel vendu par abonnement, le chiffre d'affaires annualisé des abonnements en cours.
Churn. Le taux d'attrition : la part de clients perdus sur une période. Un churn élevé raccourcit la durée de vie des revenus, donc réduit la valeur. Aucune méthode de l'application ne le prend aujourd'hui en paramètre — c'est à l'évaluateur d'en tenir compte dans le multiple ou le taux qu'il retient.
VRN (valeur de remplacement nette). Une méthode par les coûts qui fait deux choses : elle revalorise les dépenses passées avec l'indice des prix de l'INSEE (1 000 € dépensés en 2015 ne représentent pas 1 000 € d'effort aujourd'hui), puis elle applique un amortissement pour tenir compte de l'usure ou de l'obsolescence de ce qui a été financé.
Valeur terminale. Dans les méthodes qui projettent des flux, on ne peut pas projeter à l'infini. On projette cinq à dix ans en détail, puis on résume tout ce qui suit en une seule valeur : la valeur terminale.
Valeur d'entreprise et valeur des capitaux propres. La première est ce que vaut l'activité, indépendamment de qui l'a financée. La seconde est ce qui revient à l'actionnaire, une fois la dette remboursée. On passe de l'une à l'autre en retranchant la dette nette.
Vue d'ensemble
Les 15 méthodes, par type d'actif.
Entreprise — 5 méthodes
| Méthode | Approche | Ce qu'elle mesure |
|---|---|---|
| Discounted Cash Flow (DCF) | Potentiel | La somme des flux de trésorerie futurs, actualisés, plus une valeur terminale. |
| Comparables sectoriels | Marché | La valeur par analogie, en appliquant un multiple sectoriel à un agrégat de l'entreprise. |
| Actif net réévalué (ANR) | Effort | Le patrimoine : les actifs du bilan revalorisés à leur valeur de marché, moins les dettes. |
| Valeur d'ancrage | Marché | Un prix réellement payé lors d'une opération financière récente, extrapolé à 100 % du capital. |
| Risk-adjusted NPV (rNPV) | Potentiel | Des flux futurs pondérés par la probabilité de franchir chaque jalon. Méthode réservée — voir plus bas. |
Logiciel — 4 méthodes
| Méthode | Approche | Ce qu'elle mesure |
|---|---|---|
| COCOMO | Marché | Le coût de reconstitution du logiciel, calculé depuis le volume de code et la complexité technique. |
| Multiple ARR (SaaS) | Marché | Un multiple de marché appliqué au revenu récurrent annuel. |
| Coûts de développement historiques (VRN) | Effort | Les dépenses de développement réellement engagées, revalorisées et amorties. |
| Valeur de rendement (logiciel) | Potentiel | Les revenus d'exploitation futurs attribuables au logiciel, actualisés. |
Marque — 3 méthodes
| Méthode | Approche | Ce qu'elle mesure |
|---|---|---|
| Exonération de redevances | Marché | Les redevances qu'on éviterait de verser en détenant la marque plutôt qu'en la louant. |
| Coûts marketing actualisés (VRN) | Effort | Les dépenses marketing qui ont bâti la notoriété, revalorisées et amorties. |
| Valeur de rendement | Potentiel | La part d'EBE attribuable à la marque, actualisée sur sa durée de vie estimée. |
Brevet — 3 méthodes
| Méthode | Approche | Ce qu'elle mesure |
|---|---|---|
| Exonération de redevances (brevet) | Marché | Les redevances évitées en exploitant librement la technologie protégée. |
| Coûts R&D historiques (VRN) | Effort | Les dépenses de R&D et de dépôt, revalorisées et amorties sur la durée de protection. |
| Valeur de rendement (brevet) | Potentiel | Les revenus futurs d'exploitation directe ou de mise en licence, actualisés. |
Un actif, un catalogue. Le type que vous avez choisi à la création de l'actif détermine les méthodes proposées. Une marque ne peut pas être valorisée par DCF dans Mukeï : le DCF valorise une entreprise entière, pas un actif isolé à l'intérieur.
Fiches détaillées
Entreprise
Discounted Cash Flow (DCF) — Potentiel
Ce qu'elle mesure. La valeur de l'entreprise vue comme la somme de ce qu'elle rapportera. Chaque flux de trésorerie prévisionnel est ramené à sa valeur d'aujourd'hui par le taux d'actualisation. On y ajoute une valeur terminale, calculée selon le modèle de Gordon-Shapiro, qui capture tout ce qui se produit au-delà de l'horizon projeté. La somme actualisée donne la valeur d'entreprise ; après déduction de la dette nette, on obtient la valeur des capitaux propres.
Données demandées. Bilans des trois derniers exercices · compte de résultat détaillé · plan d'affaires ou prévisionnel · détail des dettes financières.
Quand la choisir. C'est la méthode de référence pour une société établie dont on sait projeter l'activité : cession, levée de fonds, plan de BSPCE.
Quand l'éviter. Sur une société très jeune, sans historique exploitable, ou dont l'activité est trop volatile pour être projetée : le résultat serait piloté entièrement par les hypothèses.
Piège classique. La valeur terminale pèse souvent plus de la moitié du résultat. Un demi-point de croissance à l'infini en plus peut déplacer la valeur de 15 %. C'est le premier point qu'un tiers regardera.
Comparables sectoriels — Marché
Ce qu'elle mesure. La valeur par analogie. On applique à un agrégat de l'entreprise — EBITDA, chiffre d'affaires, résultat net — un multiple observé sur un échantillon de sociétés du même secteur. Une décote de taille est généralement appliquée : une PME est moins liquide et moins attractive qu'une société cotée de référence, elle se paie donc moins cher.
Données demandées. Bilans des trois derniers exercices · données sectorielles ou transactions comparables.
Quand la choisir. Presque toujours, en complément d'une méthode Potentiel. C'est la méthode qui ancre le résultat dans la réalité du marché.
Quand l'éviter. Sur une activité sans comparable crédible, ou dont le secteur d'appartenance est ambigu.
Piège classique. Le choix du secteur et la décote de taille sont les deux paramètres les plus discutables. Il faut pouvoir les justifier.
Actif net réévalué (ANR) — Effort
Ce qu'elle mesure. Le patrimoine. On part du bilan comptable, on réévalue chaque poste d'actif à sa valeur réelle de marché (immobilier, équipements, stocks, créances), puis on retranche l'ensemble des passifs exigibles. La question à laquelle elle répond : que vaudrait l'entreprise si on cédait ses actifs un par un ?
Données demandées. Bilans des trois derniers exercices · inventaire détaillé des actifs · rapports d'évaluation immobilière le cas échéant.
Quand la choisir. Sociétés à forte intensité d'actifs (industrie, foncier), sociétés en restructuration, apports en nature, justification d'une valeur au bilan.
Quand l'éviter. Sur une société de services ou une jeune pousse : l'essentiel de sa valeur n'est pas à son bilan, et l'ANR la sous-évaluera massivement.
Piège classique. L'ANR ignore par construction les actifs immatériels non inscrits au bilan — c'est-à-dire, souvent, ce qui fait la valeur de l'entreprise. C'est un plancher, rarement une réponse.
Valeur d'ancrage (opération financière) — Marché
Ce qu'elle mesure. Un fait, pas une hypothèse. On s'appuie sur une opération financière réelle et récente — levée de fonds, entrée d'investisseur, cession partielle — pour poser un point de référence. La valeur de l'opération est le prix d'une part multiplié par le nombre de parts concernées. Si l'opération ne portait que sur une fraction du capital, la valeur à 100 % est extrapolée.
Données demandées. Le prix par part · le nombre de parts · le taux de détention concerné · la date de l'opération.
Quand la choisir. Dès qu'une opération récente existe. C'est la seule méthode qui apporte une validation par un tiers ayant réellement payé, sans hypothèse de projection ni d'actualisation. Elle est indépendante du jeu de données et des autres méthodes.
Quand l'éviter. Si l'opération est ancienne, ou si elle portait sur une part très minoritaire : extrapoler 2 % du capital à 100 % produit un résultat fragile.
Ce que fait Mukeï. Le niveau de confiance du résultat est dégradé selon l'ampleur de l'extrapolation — élevé au-delà de 20 % du capital, moyen entre 5 et 20 %, faible en deçà de 5 % — avec une note d'avertissement dans le calcul.
Risk-adjusted NPV (rNPV) — Potentiel
Ce qu'elle mesure. Une variante du DCF pour les projets à jalons incertains. Les flux futurs sont pondérés par la probabilité de franchir chaque étape (fin de R&D, autorisation réglementaire, mise sur le marché). Elle évite de valoriser au prix fort un potentiel qui reste conditionnel.
Quand la choisir. Actifs dont la valeur dépend d'étapes non encore franchies : biotechnologies, dispositifs médicaux, projets sous autorisation administrative.
⚠️ Méthode réservée. Contrairement aux 14 autres, rNPV n'est pas accessible aux comptes utilisateurs : elle est classée au niveau d'accès administrateur. Son moteur de calcul existe et fonctionne, mais son intégration au parcours standard n'est pas terminée. Si votre situation l'appelle, contactez l'équipe Mukeï.
Logiciel
COCOMO — Marché
Ce qu'elle mesure. Le coût de reconstitution. Le modèle COCOMO, standard de l'industrie logicielle, part du volume de code — exprimé en KLOC, milliers de lignes de code — et applique des multiplicateurs qui reflètent la complexité technique, la fiabilité exigée et l'expérience de l'équipe. L'algorithme convertit cet effort en hommes-mois, puis en valeur monétaire. La question posée : combien coûterait-il de redévelopper ce logiciel aujourd'hui, en partant de zéro ?
Données demandées. Estimation du volume de code (KLOC) · caractéristiques techniques du projet (langage, complexité, niveau de fiabilité attendu).
Quand la choisir. Quand le logiciel ne génère pas encore de revenus identifiables, ou en contentieux, pour chiffrer ce qui a été détourné ou détruit.
Quand l'éviter. Sur un logiciel très rentable : le coût de reconstitution sera très inférieur à ce que l'actif vaut économiquement.
Piège classique. Le volume de code est un mauvais proxy de la valeur. Un code concis et bien conçu vaut souvent plus qu'un code volumineux.
Multiple ARR (SaaS) — Marché
Ce qu'elle mesure. La valeur d'un logiciel vendu par abonnement, obtenue en appliquant un multiple de marché au revenu récurrent annuel. Le churn n'est pas un paramètre de la méthode : c'est en choisissant le multiple que l'évaluateur intègre la fidélité de la base clients, et il doit l'écrire. Le taux d'attrition relève de la méthode LTV, pas encore portée dans l'application.
Données demandées. ARR (revenu récurrent annuel) · données de marché comparables.
Quand la choisir. Éditeurs en croissance dont la valeur tient à la récurrence et à la prévisibilité du chiffre d'affaires. C'est la méthode que parlent les investisseurs du secteur.
Quand l'éviter. Logiciel vendu en licence perpétuelle, ou sans base d'abonnés significative.
Coûts de développement historiques (VRN) — Effort
Ce qu'elle mesure. L'investissement réellement consenti, à valeur d'aujourd'hui. Les dépenses de développement engagées sont capitalisées, puis revalorisées par l'indice des prix de l'INSEE pour neutraliser l'érosion monétaire. Un amortissement linéaire reflète ensuite l'obsolescence progressive du code.
Données demandées. Historique daté des dépenses de développement · factures de prestataires ou masse salariale affectée à la R&D.
Quand la choisir. Justifier une valeur au bilan, préparer un dossier IP Box, ou documenter un apport en nature. Elle repose sur des dépenses prouvables, ce qui la rend robuste face à un vérificateur.
Quand l'éviter. Comme seule méthode : elle ne dit rien de ce que le logiciel rapporte.
Valeur de rendement (logiciel) — Potentiel
Ce qu'elle mesure. Les revenus d'exploitation futurs attribuables au logiciel, projetés puis actualisés. Elle valorise le potentiel économique de l'actif plutôt que son coût de production.
Données demandées. Prévisions de revenus d'exploitation · contrats clients en cours.
Quand la choisir. Quand le logiciel génère des revenus identifiables et prévisibles. Pour un dossier IP Box, elle se couple naturellement avec la méthode VRN correspondante — l'une donne le plancher, l'autre le potentiel.
Marque
Exonération de redevances — Marché
Ce qu'elle mesure. L'économie réalisée en possédant sa marque. Si vous ne la déteniez pas, vous devriez la louer à son propriétaire et lui verser une redevance. La méthode applique un taux de redevance de marché au chiffre d'affaires attribuable à la marque, actualise ces redevances évitées, et ajoute une valeur terminale.
Données demandées. Chiffre d'affaires attribuable à la marque · taux de redevance du secteur.
Quand la choisir. C'est la méthode de référence pour une marque, reconnue par les normes d'évaluation des actifs incorporels. Elle vaut dans presque tous les cas d'usage.
Piège classique. Le taux de redevance est le paramètre décisif. Mukeï propose un taux sectoriel de référence, mais un taux retenu hors de la fourchette usuelle du secteur doit être argumenté.
Coûts marketing actualisés (VRN) — Effort
Ce qu'elle mesure. Ce qu'il a fallu dépenser pour construire la notoriété. Les dépenses marketing historiques sont capitalisées, revalorisées par l'indice INSEE, puis amorties linéairement.
Données demandées. Historique daté des dépenses marketing · factures de communication et de publicité.
Quand la choisir. En complément d'une méthode par les revenus, pour poser un plancher documenté. Particulièrement utile en contentieux et en justification comptable.
Quand l'éviter. Comme seule méthode : une campagne coûteuse et ratée ne crée pas de valeur de marque, alors que cette approche la comptabilise.
Valeur de rendement — Potentiel
Ce qu'elle mesure. La contribution économique propre de la marque à la rentabilité. On isole la part de l'EBE qui lui est attribuable — via un taux d'attribution — on applique un facteur résiduel décroissant selon la durée de vie estimée de la marque, et on actualise l'ensemble.
Données demandées. EBE attribuable à la marque · prévisions de revenus.
Quand la choisir. Quand la marque est clairement un moteur de marge et non un simple habillage. Le taux d'attribution est alors le point à documenter.
Brevet
Exonération de redevances (brevet) — Marché
Ce qu'elle mesure. Le même raisonnement que pour la marque, transposé à la propriété industrielle : ce qu'on économise en exploitant librement une technologie protégée plutôt qu'en versant des redevances à son détenteur. Les redevances évitées sur la durée de protection résiduelle sont actualisées, plus une valeur terminale.
Données demandées. Revenus attribuables au brevet · taux de redevance du secteur.
Quand la choisir. Méthode de référence pour un actif de propriété industrielle, quel que soit le cas d'usage.
Point d'attention. La durée de protection résiduelle borne mécaniquement la valeur. Un brevet à trois ans de son expiration vaut structurellement peu par cette méthode.
Coûts R&D historiques (VRN) — Effort
Ce qu'elle mesure. L'investissement d'innovation, à valeur actuelle. Les dépenses de R&D et les frais de dépôt engagés pour créer et protéger le brevet sont capitalisés, revalorisés par l'indice INSEE, puis amortis linéairement sur la durée de protection.
Données demandées. Historique daté des dépenses de R&D · frais de dépôt et de maintenance des annuités.
Quand la choisir. Dossier IP Box, justification comptable, contentieux : partout où la traçabilité des dépenses prime sur la projection.
Valeur de rendement (brevet) — Potentiel
Ce qu'elle mesure. Les revenus futurs issus de l'exploitation directe ou de la mise en licence du brevet, actualisés, en tenant compte de la durée de vie restante du titre.
Données demandées. Prévisions de revenus d'exploitation ou de licence.
Quand la choisir. Quand le brevet est déjà exploité ou licencié, avec des revenus identifiables.
Choisir ses méthodes selon l'objectif
Quand vous menez une démarche, Mukeï vous propose des méthodes en fonction du cas d'usage déclaré. Voici la logique retenue.
| Cas d'usage | Ce qui est recommandé, et pourquoi |
|---|---|
| Cession / Acquisition | Le trio complet Potentiel + Marché + Effort. Un acquéreur regarde les trois, et l'écart entre elles est un terrain de négociation. |
| Levée de fonds | Potentiel et Marché. Un investisseur achète un futur, pas un patrimoine. |
| IP Box | VRN et rendements futurs, uniquement sur Logiciel et Brevet. Le régime fiscal exige des dépenses traçables et un revenu identifiable. |
| Apports en nature | ANR en tête, puis DCF et Comparables. Le commissaire aux apports cherche d'abord un plancher défendable. |
| BSPCE / AGA | DCF et Comparables, sur Entreprise et Logiciel. |
| Contentieux | Méthodes par les coûts en priorité (COCOMO, VRN), parce qu'un préjudice se chiffre à partir de dépenses prouvables. |
| Justification comptable / fiscale | Méthodes par les coûts et ANR. Ce sont celles qui reposent sur des pièces. |
| Prise de conscience | Une seule méthode simple par type d'actif. Le but est de donner un ordre de grandeur, pas un dossier. |
| Évaluation standard | Le trio complet, sur les quatre types d'actifs. |
Les recommandations ne sont pas des contraintes. Vous restez libre de sélectionner d'autres méthodes que celles proposées. Le rapport final indique les méthodes retenues et la pondération appliquée : c'est là que se justifie le choix.
Sous le capot
Quelques éléments utiles à connaître pour comprendre ce que Mukeï fait réellement.
15 méthodes, 9 moteurs de calcul. Plusieurs méthodes partagent une même fonction, paramétrée différemment. Les trois méthodes VRN utilisent le même moteur avec des durées d'amortissement distinctes ; les trois méthodes de rendement futur partagent la même mécanique appliquée à la marque, au brevet ou au logiciel. C'est la méthode qui est opposable, pas la fonction : chacune reste documentée séparément.
D'où viennent les valeurs par défaut. Les multiples sectoriels et les paramètres de coût du capital proviennent des données publiées par Aswath Damodaran (Stern School of Business, NYU), millésime Europe daté du 5 janvier 2026. L'indice des prix servant aux méthodes VRN vient de l'INSEE. Les taux sans risque et les taux de change proviennent de la Banque de France et de la BCE. Chaque valeur reste modifiable, et la valeur retenue est tracée dans le calcul.
Chaque calcul est décomposé. Le résultat n'est jamais un chiffre nu : Mukeï conserve toutes les étapes intermédiaires, les formules appliquées et les hypothèses retenues. C'est ce qui permet de défendre le chiffre devant un tiers.
Chaque calcul porte sa version de moteur. La valorisation enregistre la version du moteur de calcul qui l'a produite et la date exacte du calcul, pour qu'on puisse retrouver plus tard la formule exacte appliquée ce jour-là.
Pour aller plus loin
- Pourquoi une valorisation est opposable — la mécanique de traçabilité, en détail.
- Pourquoi plusieurs méthodes — ce que révèle un écart entre deux résultats.
- L'actualisation — la brique conceptuelle sous la moitié de ce catalogue.
- Ma première valorisation — si vous n'avez encore rien lancé, commencez là.
