Paramétrer une méthode
Les paramètres communs aux méthodes, d'où viennent les valeurs par défaut et quand les modifier.
Chaque méthode réclame des paramètres : un taux, un multiple, une durée. Cette page explique ce que sont les principaux, d'où viennent les valeurs proposées, et à quelles conditions on peut les remplacer.
Pour le tableau complet de tous les paramètres de toutes les méthodes, voir paramètres de calcul.
Les paramètres qui reviennent partout
Quatre paramètres se retrouvent dans la plupart des méthodes.
Le taux d'actualisation
Ce qu'il est. Le taux qui ramène une somme future à sa valeur d'aujourd'hui. 100 € promis dans cinq ans valent moins que 100 € reçus tout de suite : il faut attendre, et il y a un risque de ne jamais les toucher.
Ce qu'il traduit. Le risque. Plus l'actif est risqué, plus le taux est élevé, plus la valeur obtenue est basse. C'est le paramètre le plus déterminant de toutes les méthodes qui projettent des flux.
Sa valeur par défaut. Elle varie selon la méthode : 15 % pour le DCF, 10 % pour les valeurs de rendement et l'exonération de redevances.
Comment le construire. Un bouton Calculer ouvre un assistant qui bâtit le taux à partir du WACC — le coût moyen pondéré du capital, qui combine ce qu'exigent les actionnaires et ce que coûte la dette bancaire, chacun pondéré par sa part dans le financement. L'assistant s'appuie sur le secteur de l'actif et le taux sans risque en vigueur.
Utilisez-le. Un taux calculé est justifiable ; un taux saisi à la main demande une explication.
Le taux de croissance terminal
Ce qu'il est. Le rythme auquel les flux sont supposés croître après l'horizon de projection, indéfiniment.
Sa valeur par défaut. 1,5 % pour le DCF, 2 % pour l'exonération de redevances.
La règle absolue. Il doit rester inférieur au taux d'actualisation. Un taux de croissance égal ou supérieur au taux d'actualisation fait diverger le calcul vers l'infini — mathématiquement, l'actif vaudrait une somme illimitée. Le formulaire refuse et affiche : « Le taux d'actualisation doit être supérieur au taux de croissance terminal. »
Le repère de prudence. Une croissance perpétuelle ne peut pas dépasser durablement la croissance de l'économie. Au-delà de 2 à 3 %, vous affirmez implicitement que votre actif finira par représenter le monde entier. Restez entre 0 et 2 %.
Deux valeurs par défaut pour un même concept. Le DCF ouvre à 1,5 %, l'exonération de redevances à 2 %. Ce n'est pas incohérent en soi, mais si vous comparez deux résultats, sachez que l'hypothèse n'est pas la même. La valeur retenue apparaît toujours dans les étapes de calcul.
La dette nette
Ce qu'elle est. Les emprunts, moins la trésorerie disponible.
À quoi elle sert. Le calcul donne d'abord la valeur d'entreprise : ce que vaut l'activité. Un acquéreur qui rachète la société hérite aussi de ses emprunts. Ce qui revient à l'actionnaire — la valeur des capitaux propres — c'est la valeur d'entreprise moins la dette nette.
Dans le formulaire. Une bascule Dette / Trésorerie vous évite de saisir un nombre négatif. En mode Trésorerie, le montant est ajouté au lieu d'être retranché.
Un bouton Calculer construit la dette nette à partir des postes comptables.
Le taux d'imposition
Sa valeur par défaut. 25 %, le taux normal de l'impôt sur les sociétés en France.
Où il intervient. Dans les méthodes d'exonération de redevances : la redevance économisée est un gain imposable. C'est le gain après impôt qui crée de la valeur pour l'actionnaire.
Adaptez-le si l'entité est étrangère, ou si elle bénéficie d'un régime réduit — notamment le régime IP Box, précisément.
Les paramètres propres à certaines méthodes
| Paramètre | Méthodes concernées | Valeur par défaut |
|---|---|---|
| Taux de redevance | Exonération de redevances (marque, brevet) | 5 %, avec un bouton de suggestion sectorielle |
| Multiple EBITDA / Multiple CA | Comparables sectoriels | Aucune — un bouton Suggérer propose la valeur sectorielle |
| Décote de taille | Comparables sectoriels | Aucune — calculée depuis l'EBITDA si laissée vide |
| Multiple ARR | Multiple ARR (SaaS) | 6 × |
| Taux de churn mensuel | Multiple ARR (SaaS) | Aucune, facultatif |
| Durée d'amortissement | Méthodes par les coûts (VRN) | 10 ans (logiciel) · 25 ans (marque) · 20 ans (brevet) |
| Quote-part attribuable | Valeurs de rendement | 100 % |
| Durée de vie résiduelle | Valeurs de rendement | Aucune — à renseigner |
| Mode COCOMO | COCOMO | Organic |
| Taux d'obsolescence | COCOMO | 20 % |
Le détail exhaustif est dans paramètres de calcul.
D'où viennent les valeurs par défaut
C'est une question qu'un tiers vous posera, alors autant y répondre précisément.
Trois sources différentes alimentent les valeurs proposées.
1. Les référentiels externes. Les multiples sectoriels, le coût des fonds propres, les taux de redevance sectoriels viennent des données publiées par Aswath Damodaran (Stern School of Business, université de New York), millésime Europe. L'indice des prix vient de l'INSEE ; les taux sans risque de la Banque de France et de la Banque centrale européenne. Ce sont ces sources qui alimentent les boutons Suggérer et Calculer.
2. Les paramètres de l'actif. Si vous avez réglé un taux d'actualisation ou un taux de redevance dans l'onglet Paramètres de la fiche de l'actif, ce sont ces valeurs qui sont reprises en priorité. C'est le bon endroit pour fixer des hypothèses valables pour tous vos calculs sur cet actif.
3. Les valeurs fixées dans l'application. À défaut des deux premières, le formulaire ouvre sur une valeur de sécurité — les 15 %, 1,5 %, 25 % évoqués plus haut.
Un point technique qui a une conséquence visible. Il existe un quatrième jeu de valeurs par défaut, réglable par l'équipe Mukeï dans son back-office. Il s'applique au chemin des démarches, pas aux formulaires du chemin direct.
Concrètement : la même méthode peut ouvrir sur un taux différent selon que vous passez par la fiche d'un actif ou par une démarche. Si vous constatez cet écart, il n'y a pas d'erreur de votre part. Dans les deux cas, la valeur effectivement retenue figure dans les étapes de calcul, et c'est elle qui fait foi.
Quand modifier une valeur par défaut
Modifiez quand vous avez mieux :
- des transactions comparables réelles dans votre secteur, mieux ciblées qu'un multiple sectoriel large ;
- un contrat de licence existant qui donne le taux de redevance réel de votre marque ou de votre brevet ;
- un coût du capital établi par votre banque ou votre investisseur ;
- une durée de vie que vous connaissez, quand l'actif a une échéance contractuelle ou légale.
Ne modifiez pas :
- pour obtenir le chiffre que vous espériez ;
- « parce que ça semble plus raisonnable », sans source ;
- si vous ne savez pas expliquer d'où vient votre valeur.
Dans tous les cas, documentez. Le paramètre retenu apparaît dans les étapes de calcul et dans le rapport. Personne ne vous reprochera d'avoir modifié une valeur ; on pourrait vous reprocher de l'avoir fait sans le dire.
Le rôle du questionnaire extra-financier
Sur un logiciel, une marque ou un brevet, un questionnaire évalue la qualité et les risques de l'actif et produit un score sur 100.
Ce score pilote le taux d'actualisation. Un score élevé — actif solide, bien protégé, peu risqué — abaisse le taux, donc élève la valeur. Un score bas l'élève, donc abaisse la valeur.
Le mécanisme est une prime de risque documentée, pas un coefficient multiplicateur appliqué à la valeur. C'est une différence importante : la première se défend devant un tiers, la seconde beaucoup moins.
Quand le score s'applique, l'écran de résultat l'indique explicitement, avec le taux saisi avant prise en compte du score et le taux effectivement retenu.
Le questionnaire n'existe pas pour les actifs de type Entreprise.
Voir le questionnaire extra-financier.
Pour aller plus loin
- Paramètres de calcul — le tableau exhaustif
- L'actualisation
- Le coût du capital (WACC)
- D'où viennent les chiffres de référence
