La phase Jeu de données
Construire et valider le jeu de données financières, et remplir le questionnaire extra-financier.
C'est la phase où les chiffres deviennent officiels. On les construit, on les fige, puis on évalue les risques qui les entourent.
Trois tâches.
Le vocabulaire
Jeu de données : l'ensemble cohérent des chiffres financiers sur lesquels les calculs vont s'appuyer.
Scénario : une version du jeu de données. On peut en construire plusieurs — un prudent, un central, un optimiste — et n'en retenir qu'un.
Valider : désigner le scénario retenu et le figer. Après validation, il ne bouge plus, et tous les calculs l'utilisent.
Tâche 1 — Saisir des données financières
Le module se parcourt à trois niveaux.
Niveau 1 — la liste des actifs. « Sélectionnez un actif pour gérer ses jeux de données financières. »
Niveau 2 — les scénarios de cet actif. L'écran s'intitule « Jeux de données financières ». Chaque scénario affiche son nom et, s'il a été calculé, un badge Modélisé. Des actions permettent de le dupliquer ou de le supprimer. Un bouton Nouveau scénario en crée un, avec un nom à saisir.
Niveau 3 — le tableau de saisie. L'écran s'élargit : il y a beaucoup de colonnes.
Ce qu'on saisit
Un tableau, une ligne par exercice, avec les agrégats financiers : chiffre d'affaires, EBE, flux de trésorerie disponibles, investissements.
EBE — excédent brut d'exploitation : ce que l'activité dégage avant amortissements, provisions, intérêts et impôts. La mesure la plus proche de la trésorerie produite par l'exploitation courante.
FCF — flux de trésorerie disponible : ce qui reste réellement après les investissements nécessaires au maintien de l'activité.
Le tableau couvre à la fois le réalisé — les exercices clos — et le prévisionnel.
Le détail mensuel
Chaque exercice peut être détaillé mois par mois, dans une fenêtre dédiée. La somme des douze mois remplace alors la valeur annuelle.
C'est facultatif, et utile dans deux cas : une activité fortement saisonnière, ou un exercice en cours dont on ne veut retenir que les mois écoulés.
Le commentaire d'extrapolation
Un champ, sous le tableau : « Expliquez comment les données futures ont été extrapolées. » Le texte suggéré : « Hypothèses de projection, méthode d'extrapolation, limites, contexte… »
Remplissez-le. C'est le champ qui transforme une projection en hypothèse documentée. « CA 2027 : 3,1 M€ » n'est pas défendable ; « CA 2027 projeté à 3,1 M€ sur la base d'une croissance de 12 %, cohérente avec la moyenne des trois derniers exercices et le carnet de commandes au 31/12 » l'est.
Plusieurs scénarios : pourquoi
Construire deux ou trois scénarios est le meilleur moyen de préparer une négociation. Vous savez ce que vaut l'actif sous chaque hypothèse, et vous ne découvrez pas la réponse quand on vous pose la question.
Un seul sera validé — mais les autres restent consultables.
Attention : la sauvegarde se fait à la sortie du champ, pas en continu. Un avertissement s'affiche tant que des modifications ne sont pas enregistrées.
Tâche 2 — Valider le jeu de données
Le module s'ouvre sur un bandeau explicite :
« Sélectionnez et validez le scénario financier retenu pour chaque actif. Une fois validé, ce scénario sera utilisé automatiquement pour toutes les valorisations. »
Chaque actif présente une carte avec un badge d'état :
| Badge | Signification |
|---|---|
| À valider | Aucun scénario n'est encore figé. |
| Figé | Un scénario est validé ; il porte la mention Retenu. |
Sous le badge, la liste des scénarios en boutons radio, avec pour chacun sa date de création et le nombre de valorisations qui s'y rattachent.
Sélectionnez le scénario, puis Valider le scénario. Un bouton Lever la validation permet de revenir en arrière.
Quand tous les actifs sont validés, un bouton global valide la tâche.
Pourquoi la validation compte
C'est le point charnière de toute la démarche.
Elle fige la base de calcul. Après validation, vous savez exactement sur quels chiffres reposent vos valorisations, et vous pouvez le prouver. Sans validation, les chiffres pourraient bouger en cours de route sans que personne ne s'en aperçoive.
Elle est datée et signée. Le produit enregistre qui a validé, et quand.
Elle rend les calculs cohérents entre eux. Toutes les méthodes lancées ensuite partent du même scénario. Sans validation, deux méthodes pourraient tourner sur deux jeux différents — et l'écart entre leurs résultats ne voudrait plus rien dire.
Si une valorisation a été lancée sur un scénario différent du scénario validé, le produit le signale : « Cette simulation utilise un scénario différent du scénario validé. » Ne l'ignorez pas.
Tâche 3 — Le questionnaire extra-financier
Une évaluation ne se réduit pas aux chiffres. Un logiciel bien documenté et bien testé ne vaut pas la même chose qu'un logiciel équivalent sans documentation. Le questionnaire mesure cet écart.
Ce qu'il demande
Le questionnaire diffère selon le type d'actif.
Marque — 20 questions, quatre catégories à poids égal :
| Catégorie | Poids |
|---|---|
| Notoriété directe & indirecte | 25 % |
| Réputation & Confiance | 25 % |
| Image, Influence & Singularité | 25 % |
| Protection intellectuelle | 25 % |
Brevet — 15 questions, en une seule catégorie : les critères du brevet.
Logiciel — 8 questions, quatre catégories à poids égal :
| Catégorie | Poids | Questions |
|---|---|---|
| Qualité technique | 25 % | 3 |
| Qualité fonctionnelle | 25 % | 1 |
| Performance économique | 25 % | 1 |
| Qualité de service | 25 % | 3 |
Notez le déséquilibre sur le logiciel : les catégories comptant une seule question pèsent autant que celles qui en comptent trois. Une réponse isolée y a donc un poids considérable — soignez-la particulièrement.
Entreprise : il n'existe pas de questionnaire. L'écran affiche « Score non disponible pour ce type d'actif ». La tâche reste néanmoins présente dans la phase ; passez-la en Terminé ou en Ignoré manuellement.
Comment on répond
Le questionnaire se parcourt catégorie par catégorie, avec des points de progression en haut. Chaque question propose cinq niveaux, de Très faible à Très fort, plus un champ de commentaire facultatif.
Le bouton d'enregistrement ne s'active que lorsque toutes les questions ont une réponse.
Comment le score agit sur le calcul
C'est le point le plus important, et le plus souvent mal compris.
Le score ne multiplie pas la valeur. Il pilote le taux d'actualisation des méthodes qui actualisent des flux.
Le mécanisme : un score élevé signale un actif solide, donc peu risqué, donc un taux d'actualisation plus bas, donc une valeur plus haute. Un score bas produit l'effet inverse.
Quelques repères de la courbe utilisée :
| Score | Taux d'actualisation dérivé |
|---|---|
| 100 / 100 | environ 3,4 % |
| 60 / 100 | environ 16,7 % |
| 5 / 100 | environ 25,9 % |
Pourquoi ce choix compte. Une prime de risque documentée se défend devant un tiers : elle s'inscrit dans la logique financière que tout le monde connaît. Un coefficient multiplicateur appliqué directement à la valeur — « la marque est bien protégée, donc ×1,3 » — ne se défend pas. C'est la différence entre un argument et une pondération arbitraire.
Quand le score est appliqué, l'écran de résultat de la valorisation l'indique explicitement, avec le taux avant et après.
Si le questionnaire n'est pas rempli, le taux d'actualisation habituel s'applique. Le score ne pénalise jamais un actif par défaut.
Voir le questionnaire extra-financier.
Avant de passer à la suite
- Chaque actif a au moins un scénario financier saisi.
- Un scénario est validé par actif — l'état est Figé.
- Le commentaire d'extrapolation est écrit.
- Le questionnaire est complété quand il existe pour le type d'actif.
